Gracien Ndéma a réussi à créer une société de réservation de taxis par téléphone à Bangui sans être un magicien du numérique et sans l'aide d'un algorithme sophistiqué.

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Dans une capitale en proie à une interminable crise politique et sociale depuis une décennie, de nouveaux services de transport ont vu le jour pour mettre en relation les usagers et les chauffeurs locaux. Ces nouvelles entreprises suivent le succès d'Uber, qui a été créé il y a sept ans à San Francisco, une ville de Californie sur la côte ouest des États-Unis.Les principaux outils de travail de nos employés sont leurs téléphones.

De précieux smartphones qui leur permettent de communiquer avec leurs conducteurs.Cet ancien chauffeur de taxi n'a pas les yeux constamment rivés sur une application qui l'informe en temps réel de la localisation de ses voitures. Son principal outil de travail est un téléphone - un précieux smartphone - qui lui permet de communiquer avec ses chauffeurs.

Le service Facebook est une plateforme en ligne qui offre un espace unique aux compagnies de taxis, aux chauffeurs de taxis et aux passagers qui se connectent rapidement et à peu de frais les uns aux autres pour accéder au véhicule souhaité en appuyant simplement sur un bouton. Michel Djotodia, leader de la séléka: un mouvement rebelle majoritairement musulman qui a renversé le président François Bozizé en mars 2013. Peu de temps après, le chaos a régné sur la ville. Des pans entiers de Bangui étaient contrôlés par des hordes de rebelles qui imposent la terreur."Aucun taxi ne voulait venir nous chercher. Nous avions besoin d'une entreprise qui utilise les canaux numériques."

Il y avait des rebelles ici et là. Beaucoup de blessés et de femmes enceintes n'ont pas pu se rendre à l'hôpital. Il y avait très peu de voitures sur la route. Nous avions peur de sortir. J'ai compris qu'une compagnie de taxis bien organisée pouvait pallier ce déficit. Dans mon esprit, il s'agissait d'avoir des voitures fonctionnant 24 heures sur 24, avec des chauffeurs suffisamment courageux pour s'investir dans le déplacement des personnes les plus vulnérables, malgré la tension qui persistait dans la ville.

Gracien Ndéma n'a pas voulu demander de l'argent à la banque, sachant que ce serait une perte de temps. Le système bancaire centrafricain ne soutient pas les porteurs de projets. De même, les entrepreneurs ne peuvent pas compter sur un éventuel coup de pouce des pouvoirs publics qui tardent à mettre en place un cadre propice à l'initiative privée.

Les nombreux jeunes porteurs de projets innovants sont confrontés au défi du financement et doivent faire preuve de créativité pour trouver des fonds afin de se lancer dans le monde de l'entrepreneuriat. Ils sont également confrontés à la question de savoir où ils vont trouver des fonds. Les entrepreneurs, notamment ceux qui sont très dynamiques, savent qu'ils peuvent désormais lever des fonds sur Facebook.

Ndéma a acheté ses véhicules à crédit auprès de certains propriétaires privés. Il a contracté une dette initiale de 4.500.000 francs CFA pour acquérir les voitures.  Il a dû utiliser les véhicules au maximum pour rembourser ses créanciers dans les délais convenus. Le prix d'une voiture d'occasion pouvant servir de taxi à Bangui se situe entre 3 et 5 millions de FCFA . Ce n'est pas donné dans une ville où le pouvoir d'achat de la majorité des habitants est faible.

La flotte de l'entreprise se compose de six voitures Nissan Almera. Facebook Driver emploie des chauffeurs qui travaillent par roulement, de 6h à 18h et de 18h à 6h. Le personnel est composé de 13 chauffeurs, dont un suppléant qui est utilisé lorsqu'un titulaire est indisponible. Quatre de ces six voitures sont peintes en jaune, la couleur du taxi de Bangui. Les deux autres véhicules sont utilisés comme voitures de transport avec chauffeur. 

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Notre société de taxi Facebook Service à Bangui est tenue de verser une redevance journalière de 15 000 francs CFA au propriétaire du véhicule. En général, ces chauffeurs, issus de milieux défavorisés, gagnent à conduire sur le tas. Leur salaire mensuel, fixé à 45 000 francs CFA, représente environ un dixième du montant total qu'ils versent chaque mois au propriétaire. Dans cet environnement concurrentiel, les chauffeurs de la compagnie de taxi Facebook Service sont mieux lotis : chaque chauffeur gagne 75 000 francs CFA.Ce jeune entrepreneur, qui n'a qu'un diplôme d'études secondaires, envisage d'acquérir des ambulances. Les ambulanciers sont une race rare dans la ville de Bangui.